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Editorial: ALTERNATIVES... ? ALTERNATIVE ? Notre Conseil d'administration a décidé d'en faire le thème principal pour cette année. Il est d'actualité tant l'évolution actuelle du système capitaliste est décriée à gauche, mais aussi très à la mode. Quelques exemples * À l'Université d'automne d'Attac au Sart Tilman, un des derniers conférenciers, François Houtart, a clairement expliqué qu'à l'intérieur d'Attac, deux grandes tendances s'opposent, une qui croit possible d'aménager le système, l'autre qui ne le croit pas. Est-ce vrai dans tous les Attac ? Sans doute pas ; mais ce l'est pour leur berceau, la francophonie (France surtout). Il s'ensuit que les représentants d'Attac, dans leurs interventions publiques, n'osent pas attaquer franchement le problème de l'alternative au capitalisme, sans doute, et c'est important, pour ne pas fissurer le front de lutte alter-mondialiste. * La revue « Transversales », dans laquelle écrivent de grands noms de la gauche, sort dans son dernier numéro un dossier intitulé « Un projet de société alternatif à ... (devinez quoi !) ... l'économisme ». La peur d'appeler un chat un chat. Les articles signés d'André Gorz, Patrick Viveret, René Passet, Philippe Merlant, le Conseil scientifique d'Attac, Riccardo Petrella, Michel Rocard et d'autres tournent autour du pot pour ne pas tomber dedans et devoir répondre à la question « quelle alternative au capitalisme dans sa phase actuelle de développement ? » * La revue « Le Monde Initiatives » qui ne mâche pas ses mots dans ses études (par exemple, le titre du dernier dossier est « La tentation mafieuse du capitalisme ») présente dans chaque numéro une ou plusieurs pages sous le titre « Alternatives ». Il s'agit le plus souvent d'exemples d'économie sociale (coopératives, mutuelles, associations, fondations), souvent des alternatives à des `accidents' sociaux. En résumé (j'aurais pu citer d'autres exemples), de grands penseurs de gauche, les francophones en tout cas, ont peur d'aborder de front le problème de l'alternative au système capitaliste d'aujourd'hui. Il est temps d'aborder franchement, courageusement et fraternellement, cette réflexion. Il n'y a pas eu dans le passé, il n'y a pas maintenant, il n'y aura pas dans le futur, d'accord unanime sur UNE alternative claire et détaillée. Il n'est pas essentiel que l'on caresse tous le même rêve précis, la même utopie dans tous ses détails, mais il est important que l'on arrive à définir ensemble un chemin. Se poser la question « quelle alternative ? » , et même trouver une (la) réponse, ne peut vraiment servir que si l'on se demande en même temps « que faire ? comment s'y prendre ? dans quelle directions'engager ? » Victor Demunck |