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LE DRAME OUBLIE DU PEUPLE SAHRAOUI
OU
LA DECOLONISATION EN PANNE.
Le territoire désertique du Sahara occidental a vécu longtemps à la marge et de la colonisation et de la décolonisation.
Des tribus nomades, historiquement adaptées à un milieu naturel particulièrement hostile, y ont élaboré une civilisation originale, étrangère aux structures d'Etat.
La découverte, puis l'exploitation de gisements de phosphate fabuleux va bouleverser les données politiques et sociales. L' Espagne franquiste défie le processus de décolonisation amorcé dès 1961 par les Nations Unies. C'est seulement en 1974 que, cédant aux pressions de la communauté internationale, elle annonce enfin l'organisation d'un referendum d'autodétermination. Entre-temps, le peuple sahraoui s'est forgé une structure politique et militaire à même d'imposer l'indépendance, le Front Polisario.
Hassan II tente alors un coup de force pour imposer la souveraineté marocaine. A défaut de pouvoir rallier à ses vues la Cour Internationale de Justice, il falsifie l'avis de celle-ci et, sous couvert de « Marche Verte « , il envahit et occupe le Sahara occidental en 1975.
Telle est la situation, totalement illégale en droit international, qui prévaut aujourd'hui encore, 32 ans plus tard, avec le drame permanent des camps de réfugiés et sous la menace des 2.000 kilomètres de « mur de la honte ».
Seize ans de guerre. Puis seize ans de cessez-le-feu sous contrôle des Nations Unies, dans la perspective inlassablement mais vainement répétée de la mise sur pied du referendum d'autodétermination : à ce jour, le Conseil de Sécurité a dû prolonger ce mandat à ... trente-quatre reprises (sic).
En cause : les man½uvres dilatoires du Maroc, encouragées par les puissances occidentales, en particulier la France et L'Espagne. La découverte de nouvelles richesses dans le sous-sol du Sahara occidental, ainsi que l'intérêt croissant de ses ressources haleutiques les inspirent manifestement davantage que le respect du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Dans un tel contexte, il est remarquable que 83 pays, en tête desquels l'Algérie et l'Afrique du Sud, s'obstinent à reconnaître la République Arabe Sahraoui Démocratique fondée en 1976 dans les « territoires libérés ».
De plus, à partir de mai 2005 , la jeunesse des « territoires occupés », née sous occupation marocaine, entreprend une « intifada pacifique » pour proclamer sa volonté d'accéder à l'indépendance et son soutien au Polisario ; diverses instances internationales ont dénoncé la répression.
Mais au Maroc même , malgré les manifestations officielles d'ouverture, le débat reste pour l'essentiel bloqué, notamment par des atteintes particulièrement perfides à la liberté de la presse. Tout est mis en place pour que les droits territoriaux sur le Sahara apparaissent comme fondateurs de la patrie et de la nation au même titre que l'Islam et la monarchie.
Dans ce cadre, face à l'opinion internationale et avec le soutien des Etats-Unis, Mohammed VI s'emploie à présenter un statut d'autonomie à l'intérieur de l'Etat marocain comme une alternative novatrice et réaliste à la revendication d'indépendance.
Le Polisario et ses alliés dénoncent évidemment cette tentative de manipulation.
Le 30 avril 2007 , le Conseil de Sécurité unanime, en se gardant dans son communiqué de paraître privilégier une des thèses en présence, appelle les deux parties à des négociations directes sous son égide dans la banlieue de New York.
Il prolonge une nouvelle fois le mandat de la MINURSO. Prochaine échéance : octobre 2007.
Reste la grande question : quelle stratégie développer, dans le contexte de la mondialisation, pour IMPOSER LE RAPPORT DE FORCES ENFIN A MEME DE FAIRE PREVALOIR LE DROIT DES OCCUPES SUR LE FAIT ACCOMPLI DES OCCUPANTS .
Le 6 septembre 2007 ,
Jean-Marie SIMON.