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Premier anniversaire du 11 septembre. Nous non plus n’y coupons pas. Personne ne peut échapper à l’ambiance de cet anniversaire.. Dans le dernier bulletin programme de l’année 2001, j’ai émis quelques réflexions personnelles. Qu’y a-t-il de changé depuis ? Rien de fondamental, si ce n’est une aggravation sensible de la crise économique et financière mondiale commencée avant les attentats du 11 septembre 2001. C’est-à-dire une sérieuse augmentation du risque de guerre très importante, car, comme l’avait dit Jean Jaurès avant le début de la première guerre mondiale et avant d’être assassiné pour sa lutte en France, son pays, contre la préparation de cette guerre, le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage. Plus la crise du capitalisme est grave, plus la guerre lui apparaît comme solution. Aussi, et je vous prie de m’en excuser, je vous présenterai le même texte que l’an passé. Les adaptations qu’il nécessite sont tellement minimes que vous les ferez sans peine ; juste l’une ou l’autre inconnue d’alors ne l’est-elle plus. Toutefois, plusieurs de nos séances de formation de ce semestre traitent de sujets « connexes » pour parler en euphémisme. Réflexions personnelles sur les attentats du 11 septembre 2001 et leurs suites
Ces attentats auront probablement, au cours des prochaines années, des conséquences aussi importantes pour les États-Unis et pour le monde que la catastrophe de Tchernobyl en a eues pour l’Union Soviétique et pour le monde. En URSS, les gens ont, au bout d’un temps, estimé qu’ils étaient dirigés par des incapables, ce qui explique en partie la suite des événements. Quelle sera, au bout d’un temps, la réaction des gens aux USA ?
* * * À qui profite le crime ? Question classique. Les médias la posent-ils ? Supposons que la « punition » ou l’acte de « vengeance » décidé par les USA contre le ‘présumé’ coupable Ben Laden et l’Afghanistan, État ‘présumé’ le soutenir ou au moins le cacher, atteigne son objectif. Il en résultera, après une occupation militaire plus ou moins longue de ce pays, son basculement dans le camp américain. Il en résultera que la voie du pétrole du Caucase et de cette région de l’Asie sera ouverte aux sociétés pétrolières américaines et anglaises. Rappelons-nous que, des 7 grandes multinationales du pétrole, 5 ont leur centre aux USA et 2, bien qu’anglo-hollandaises, l’ont en Grande-Bretagne. Quelle importance a, pour elles, cette future grande région productrice de pétrole ? Son importance vient du fait que l’actuelle grande région, celle du Proche-Orient, entièrement contrôlée par les USA, est arrivée à son maximum possible de production. La tendance y est à la diminution de la production au cours des dix prochaines années et au-delà, alors que la consommation mondiale ne cesse d’augmenter. Or, notre système actuel de production et de consommation repose entièrement sur l’énergie d’origine fossile. Aucune autre énergie de remplacement n’est actuellement envisagée. Il est indispensable pour les multinationales américaines du pétrole qu’à moyen terme la puissance de l’État américain prenne le contrôle de la seule future grande région pétrolière actuellement connue. Au cours des dernières décennies, les USA ont déjà essayé deux fois de s’assurer le contrôle d’un itinéraire vers cette région. Ils ont échoué deux fois. D’abord, en Afghanistan déjà, lors de l’intervention soviétique dans ce pays, les USA ont aidé au maximum les opposants afghans à bouter dehors les Soviétiques. Ceux-ci sont partis, mais les Afghans, vainqueurs avec l’aide des USA, ont refusé leur tutelle. Premier échec. Ensuite, en Irak où, malgré une guerre de longue durée, le régime en place n’a pas basculé et refuse, autant qu’avant l’intervention anglo-américaine, la tutelle des USA. Deuxième échec. Si l’intervention militaire en cours en Afghanistan échoue à faire basculer le pouvoir afghan dans le camp américain, je suis persuadé qu’il y aura dans les prochaines années, quelque part dans cette région du monde, une quatrième tentative. Il y va de l’avenir des grandes multinationales américaines et anglaises du pétrole, donc probablement de celui du capitalisme dont le système de production dépend, dans la période actuelle, de l’énergie d’origine fossile (pétrole et gaz naturel). À moins que le troisième échec, s’il a lieu, ne remette en cause ce système.
À court terme, à qui profite le crime ? À la stratégie des multinationales américaines et anglaises du pétrole ? Et Ben Laden, là-dedans ? Grand organisateur des attentats terroristes ? Leur grand instigateur ? Leur grand « financiateur » (excusez ce mot barbare) ? Ou alibi voire complice d’autres responsables ? Ou grand méchant loup créé pour effrayer les braves gens ? Un jour, nous saurons la vérité, mais beaucoup plus tard, quand cela n’aura plus aucune importance pour la prise des décisions de cette époque-là.
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Rappel d’une déclaration de Alvin Toffler, futurologue américain. Cette déclaration faite à Jean Sloover, collaborateur à l’époque de « Éco-Soir », a paru dans Le Soir du 6 janvier 1999. Des extraits en ont été repris dans notre bulletin-programme du 1er semestre 1999. Voici la réponse de Alvin Toffler à une question de Jean Sloover. « Les gladiateurs qui s’affrontent sur la scène internationale sont bien plus nombreux aujourd’hui qu’au cours des trois derniers siècles. Depuis le milieu du XVIIe siècle, les États-nations gèrent les affaires internationales. Je pense qu’aujourd’hui, dans ce nouveau contexte d’un monde à trois vitesses, le pouvoir passe des États-nations aux nombreux autres acteurs présents sur la scène internationale. « Les religions, comme l’Islam, jouent un rôle. Le Vatican est aussi un acteur important, au même titre que les multinationales, les réseaux de la drogue et les organisations non gouvernementales, qui fonctionnent aujourd’hui de plus en plus en commun et sont à même de former très rapidement des coalitions temporaires. Il y a encore beaucoup d’autres acteurs, comme les spéculateurs boursiers isolés ou les petits groupes d’investisseurs. … « À l’avenir, les regroupements se feront à des niveaux divers et non plus simplement autour des États-nations. On aura par exemple trois nations, huit organisations non gouvernementales, deux ou trois entreprises, dont les intérêts se rejoignent et qui s’uniront temporairement. Ce type de coalition sera bien plus complexe et puissant que les coalitions entre nations auxquelles nous sommes habitués. »
N’a-t-on pas déjà vu de ces regroupements entre État, réseaux de la drogue, organisations para-militaires, services secrets d’État, dans des conflits en Amérique latine ? L’exploitation actuelle des richesses du Nord-Est de la République Démocratique du Congo ne résulte-t-elle pas d’un pareil regroupement entre des États, des groupements d’aventuriers et des multinationales commerciales et industrielles ? L’actuelle intervention militaire en Afghanistan prend le même chemin, avec, d’une façon ou d’une autre, l’intervention de grandes ONG à but humanitaire. La réelle ou prétendue organisation El Kaida de Ben Laden a-t-elle joué le rôle d’adversaire ou celui d’avant-garde ?
* * * Spéculations boursières suspectes juste avant le 11 septembre. Peu après les attentats et pendant un petit nombre de jours, les médias ont annoncé que d’importantes spéculations boursières avaient eu lieu juste avant les attentats. Des gens, informés que ces attentats allaient avoir lieu, en avaient profité pour faire de gros bénéfices spéculatifs. Les médias ont en même temps annoncé qu’évidemment les enquêtes démarraient pour découvrir ces spéculateurs, au moins complices des terroristes. Très vite, on n’a plus rien entendu dire de cela 1. Sachant que toutes les transactions financières mondiales sont enregistrées, j’en déduis * qu’aucune (prétendue) galaxie Ben Laden de sociétés écrans n’a pu être mise en cause, * que les vrais spéculateurs, qui savaient mais qui n’ont pas dénoncé, dans l’hypothèse où ils n’étaient pas directement complices des terroristes, se situent dans d’autres milieux qu’il vaut mieux protéger. Une hypothèse qui peut également être envisagée serait qu’il s’agissait d’une fausse nouvelle pour augmenter l’indignation des braves gens dont nous sommes et dont l’accord, ou au moins la neutralité, est nécessaire pour se lancer dans des aventures guerrières. Cette hypothèse, c’est qu’il s’agirait d’intoxication des esprits à l’échelle du monde. Victor Demunck.
1 du moins jusqu’au jeudi 31 octobre 2001, à 17 heures, moment où ces lignes sont écrites. |